Démolir / Ne pas démolir : l’exposition

– Du 19 au 26 février 2026 –

L’exposition se visite aux créneaux suivants : 
Jeudi 19 février à 19h • inauguration
Vendredi 20 février à 12h
Vendredi 20 février à 17h
Samedi 21 février à 11h
Lundi 23 février à 17h
Mardi 24 février à 17h
Mercredi 25 février à 12h
Mercredi 25 février à 17h
Jeudi 26 février à 17h

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Au cours du XXème siècle, nous avons plus construit que pendant l’ensemble de l’histoire de l’humanité. Au terme de cette immense mise en chantier du monde, il apparut que nous avions fait vaciller la terre sur son axe.

Sous les auspices les plus inquiétants, les enjeux environnementaux ont rassemblé les amoureux.ses de tous les patrimoines, les ingénieur.es du calcul en bilan carbone et les passionné.es d’architecture de la rénovation. Désormais nous nous interrogeons systématiquement : est-il possible de transformer plutôt que de détruire ? A cette question, il arrive qu’on donne des réponses de principe. Au nom du réalisme on se résout à démolir. Au nom de la norme ou de la rentabilité, on recommence. Au nom des Accords de Paris, on impose de faire avec. Au nom de l’architecture on garde. Ces nouveaux commandements sont énoncés depuis des champs disciplinaires différents. Aussi justes et convaincants qu’ils puissent être chacun, c’est le plus souvent un ensemble de critères qui emporte la décision finale.

Démolir / Ne pas démolir : le travail de l’urbaniste est d’instruire la décision. Car il n’arrive pas fréquemment que les caractéristiques construites de l’édifice guident seules le choix de maintenir ou de détruire. La réflexion est bien souvent conduite à l’échelle urbaine et procède d’un raisonnement en bilan d’aménagement plutôt qu’en bilan d’opération.

Or, nos métiers, nos filières industrielles, nos cadres juridiques et nos bilans financiers sont configurés pour permettre et accompagner la démolition – reconstruction plutôt que la remédiation. La pente naturelle n’est pas (encore) dirigée vers la transformation. A l’inverse l’acte de démolir apparaît désormais pour ce qu’il est : une décision radicale mais souvent nécessaire. Pour ces raisons, grande est la nécessité de construire la rationalité de la décision de démolir ou ne pas démolir.

© Charlotte Dubois

Quelles données outillent les positions contradictoires ? Quelles valeurs sont considérées pour définir les chemins possibles ? Quels enchaînements permettent de faire un choix ? Quelles voix sont entendues dans ces processus ? Finalement, quelles histoires racontons-nous pour choisir et dire ce que nous allons faire au XXIème siècle de tout ce qui nous a été légué ?

A l’occasion des 20 ans de Ville Ouverte, les urbanistes de l’agence proposent une traversée dans 20 projets pour mettre en évidence la variété des contextes et des termes dans lesquels se pose la question de démolir ou ne pas démolir. L’analyse rétrospective des projets souligne les raisons qui poussent vers un choix, les données mobilisées, les processus de projet engagés, et finalement les patrimoines concernés par la réhabilitation ou la démolition. Les objets de nos attentions sont parfois très grands, et parfois très petits, un hôpital ou une glycine. Il s’agit souvent de l’avenir d’édifices, mais il s’agit aussi de ce qu’il adviendra des sols, dont on comprend désormais qu’ils se consomment aussi rapidement qu’ils se constituent lentement.

Ainsi, l’exposition manifeste le travail des urbanistes de Ville Ouverte. Ces urbanistes-ci ne construisent pas et ne réhabilitent pas eux-mêmes. Leurs travaux préparent l’acte de démolir, de construire, de transformer. L’urbaniste se présente alors comme un.e praticien.ne qui établit les finalités du projet, qui se rend capable d’entendre toutes les voix pour proposer une figure polyphonique, qui sait convaincre et raconter l’histoire du projet et enfin qui détermine les moyens de sa mise en œuvre.

En portant un regard renseigné sur une portion du territoire, les décisions sont prises selon une rationalité dont il est possible de rendre compte, non seulement aux partis-prenantes professionnelles, mais aussi à celles et ceux qui se demandent combien de matins encore le soleil se lèvera-t-il sur une terre habitable ? Dans l’attente d’aurores plus sures, les urbanistes seraient mal avisé.es de taper sur un seul clou avec un seul marteau. Tous les outils de la transformation sont à notre portée et méritent d’être mobilisés : pourvu qu’on sache à quelle fin.

© Charlotte Dubois
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